The State of the Med.Marine&Coastal Env.- French

Pétrole déversé dans la Méditerranée En milliers de tonnes, 2000-2009 Pétrole déversé dans la Méditerranée En milliers de tonnes, 2000-2009

les poissons prélevés dans la zone contaminée présentaient encore des lésions. Des anomalies comportementales réduisant les chances de survie dans l’environnement naturel ont aussi été observées parmi les organismes exposés aux nappes d’hydrocar- bures (Abdulla et Linden 2008). Au niveau communautaire, des changements ont été observés au large de Livourne suite à la marée noire de l’ Agip Abruzzo en 1991. Les différentes espèces de la communauté meiobenthique ont réagi différemment, certaines voyant leurs populations aug- menter et d’autres diminuer. Les foraminifères, les turbellariés et les nématodes furent particulièrement touchés tandis que les populations de copépodes ont augmenté. Des études menées ultérieurement indiquent une réponse initiale importante de la part de ces organismes suivis d’un rétablissement rapide. Ceci semble indiquer une forte résilience face aux cas isolés de dé- versements d’hydrocarbures. Il se peut que la microfaune ben- thique soit aussi résistante aux conséquences des hydrocarbures pétroliers, en particulier au pétrole visqueux. Les échantillons pris sur les lieux de la marée noire du Haven n’ont pas montré de différences significatives entre les sites contaminés au goudron et les sites sous contrôle. Toutefois, d’autres études indiquent irréfutablement que les herbiers d’eau profonde sont endom- magés, sur de larges étendues près de huit ans après l’accident (Abdulla et Linden 2008). Les données utilisées dans cette section sont extraites de la base de données « Alertes et Accidents » du REMPEC. Elles com- prennent les incidents ayant causé, ou qui auraient pu causer, des dommages par pollution. Les principales sources d’information sont le Lloyd’s Casualty Reporting Service (LCRS) et les rapports d’urgence envoyés au REMPEC par les points de contact au sein des pays méditerranéens. Cette base de données ne peut tou- tefois pas être considérée comme une liste exhaustive de tous les déversements se produisant en mer Méditerranée. D’autres incidents non contenus dans la base de données peuvent avoir eu des conséquences significatives sur les écosystèmes, tel qu’un endommagement du fond de la mer ou un apport de composés organostanniques lors de l’échouement de navires. Au cours de la dernière décennie, près de la moitié des acci- dents ayant conduit à des déversements importants (plus de 100 tonnes) et qui ont été signalés au REMPEC ont eu lieu dans l’ouest de la Méditerranée (sept accidents, représentants 47% des tous les accidents). Un tiers des accidents ont eu lieu dans Cas de pollution aigüe

0.1

Méditerranée occidentale

Mer Adriatique

0.1

4.2

Méditerranée occidentale

Mer Adriatique

19.2

4.2

5.5

19.2 Méditerranée orientale

Méditerranée centrale

5.5

Méditerranée orientale

Méditerranée centrale

Source: REMPEC

Source: REMPEC

l’est de la Méditerranée (cinq accidents représentants 33% du total) et un cinquième en Méditerranée centrale. Aucun accident n’a été signalé en mer Adriatique. Le montant cumulé des substances chimiques déversées chaque année suit une tendance différente. Un seul accident peut conduire au déversement d’une grande quantité de ces substances. Les quantités cumulées sont donc variables. Le pire déversement dans la Méditerranée est lié à l’embrasement et à l’explosion du MT Haven en 1991, qui a sombré dans le golf de Gênes et déversé 20% de sa cargaison de 145 500 tonnes de pétrole brut dans les eaux italiennes. La nappe d’hydrocarbures du Haven a souillé le littoral de la Ligurie ainsi que les côtes de Monaco et de la France jusqu’à Toulon. Les deux tiers de la quantité totale déversée au cours de la dernière décennie ont eu lieu en Méditerranée orientale. Si la marée noire libanaise de 2006 est sortie des calculs, il s’avère que l’Ouest, le centre et l’est méditerranéens ont subi à peu près les mêmes quantités de pétrole déversé (entre 4 000 et 6 000 tonnes), alors que moins de 100 tonnes ont été déversées en mer Adriatique, toujours selon les informations mises à la dispo- sition du REMPEC. Le cas le plus courant d’accident conduisant à un déversement est une défaillance lors des opérations de cargaison. Dans la plu- part des cas, ces incidents entraînent de petits déversements. Les autres types d’accidents sont, par ordre de fréquence : les col- lisions/ contact, les échouements, les naufrages, et finalement, les feux et explosions. Il existe en outre toutes sortes de types d’accident peu fréquents, notamment les fuites d’oléoducs.

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ETAT DE L’ENVIRONNEMENT MARIN ET CÔTIER DE LA MÉDITERRANÉE

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