The State of the Med.Marine&Coastal Env.- French

Les métaux lourds Le terme de métaux lourds est ici utilisé pour parler des métaux potentiellement toxiques qui subsistent dans l’environnement, s’accumulent dans les tissus humains et animaux, et s’amplifient à travers la chaîne alimentaire. Les métaux et composés orga- nométalliques sont généralement inclus dans les inventaires d’émission et les réseaux de surveillance, particulièrement le mercure, le cadmium et le plomb. Les eaux usées d’origine indus- trielle et urbaine, les retombées atmosphériques et les ruissel- lements provenant de sites contaminés par des métaux consti- tuent les principales sources de métaux toxiques. D’après l’inventaire Bilan Bases Nationales ( National Baseline Budget , BBN), mené dans les pays méditerranéens, les émis- sions atmosphériques de métaux sont principalement liées à l’industrie cimentière (Hg, Cu), à la production d’énergie (As, Cd, Ni), et à la métallurgie (Pb, Zn). Les rejets aquatiques semblent être principalement liés à l’industrie des engrais (Hg, As, Pb), à la métallurgie (Ni, Zn) et aux usines de traitements des eaux usées (Cd, Cu), auxquels s’ajoute une part non négligeable provenant

du secteur de l’énergie et de l’industrie chimique. Quant au raffi- nage pétrolier, il apparaît comme la principale source de rejet de chrome, que ce soit dans l’eau ou dans l’atmosphère (PNUE/PAM/ MED POL, 2012). Mis à part les rejets directs provenant des sources urbaines et industrielles, ce sont les fleuves et cours d’eau qui sont les prin- cipaux vecteurs de métaux d’origine humaine et naturelle dans les zones côtières, bien que les quantités de métaux géologique- ment présentes dans la région puissent aussi modifier la teneur des sédiments en métaux. Les métaux lourds de source terrestre peuvent non seulement s’accumuler dans les zones côtières, mais aussi migrer par advection vers les zones plus profondes de la marge continentale et même se retrouver dans le bassin profond à travers des processus de transfert le long du talus. Les retombées atmosphériques sont le principal canal par lequel des métaux lourds se retrouvent au large. Les métaux pénétrant la mer à travers les échanges air-mer peuvent s’accumuler à travers le réseau trophique, se concentrant ainsi dans les organismes marins, ou adhérant à des particules et coulant au fond, où ils s’accumulent dans les sédiments. Une récente étude (PNUE/MAP/MED POL 2011) basée sur les don- nées MED POL et des publications récentes, fournit un aperçu de la distribution et de l’évolution des métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, zinc et cuivre) dans les sédiments et le biote côtiers (principalement dans les moules communes, Mytilus galloprovin- cialis , et le rouget barbet, Mullus barbatus ). La répartition de l’infor- mation n’est pas idéale du fait de la sous-représentation du sud de la mer Ionienne, de la mer Égée et du bassin oriental. Cepen- dant, les résultats peuvent tout de même être utilisés à des fins de comparaison, tout particulièrement les résultats concernant le cadmium, le mercure et le plomb, pour lesquels la couverture spa- tiale de l’échantillonnage est légèrement meilleure. Les sédiments des régions de Marseille-Fos et de Toulon (France), de Carthagène (Espagne), de la côte occidentale de l’Italie (au- tour de Naples) et du golfe de Gênes révèlent une forte teneur en plomb, qu’on retrouve également dans les sédiments du golfe de Trieste, le long de la côte méridionale de la Croatie, en mer Égée (particulièrement le long de la côte nord, près de Thessalonique et Kavala et dans la région d’Athènes), le long de la côte turque de la mer Egée (baie d’Izmir), et au nord de la Tunisie, à Tunis et dans les lacs de Bizerte. Ces sites à forte teneur en plomb dans les sédi- ments sont corrélés à des zones de rejets de déchets industriels et domestiques ainsi qu’à des activités portuaires. Dans le biote (moule commune), la teneur en plomb est systématiquement élevée dans les zones dans lesquelles les sédiments sont conta- minés au plomb : côte occidentale de l’Italie, golfe de Gênes, à Naples, à divers endroits de la mer Tyrrhénienne, le long de la côte ouest de l’Italie, le long de la côte nord de la Sicile (Palerme), et au sud de la Sardaigne (Portoscuso). De fortes teneurs en plomb ont aussi été détectées à divers endroits le long de la côte sud française, dans le biote (Marseille, golfe et baie d’Hyères) et de la côte espagnole (Barcelone, Carthagène et Malaga). En mer Adriatique, des niveaux élevés de plomb ont été enregistrés dans le biote de la lagune de Venise et dans les zones touchées par les rejets du Pô (conformément au modèle de diffusion des rejets urbains et industriels), dans le golfe de Trieste, la baie de Vlorë et à proximité de Durrës. Généralement, la présence de niveaux élevés de plomb dans le biote est corrélée à la présence de rejets et de sources ponctuelles de pollution provenant de mines, de l’industrie et des eaux usées.

Concentrations moyennes de polluants organiques persistants (POPs)

cialis)

Dans les moules bleues (Mytilus galloprovincialis)

PCB

Concentration, μg/g dw

Moins de 36 37 à 90

91 à 190

191 à 367

DDT

Concentration, μg/g dw

Moins de 40 41 à 130

131 à 1 500

1 501 à 2 579

HCB

Moins de 0.3 0.4 à 1.4 1.5 à 3.5 3.6 à 7.6 Concentration, μg/g dw

Source: UNEP/MAP, Hazardous Substances in the Mediterranean: A Spatial and Temporal Assessment, 2011

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PRESSION HUMAINE, ÉTAT ET IMPACTS SUR LES ÉCOSYSTÈMES MÉDITERRANÉENS

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